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Covid-19 : révélateur d’un modèle de société à ré-interroger

Covid-19 : révélateur d’un modèle de société à ré-interroger

En trois semaines, nous sommes passés d’un plein mois d’avril à un 15 août sans fin : les rues sont désertes, les boutiques fermées, la France prisonnière du virus est confinée à son corps défendant.

Tout semble bloqué dans le temps sans perspective de fin de cet état d’interruption. Une société toute entière plongée dans un inconnu complet. Tout est hors norme, du jamais vu : un cycle économique mondial à l’arrêt. L’État de siège sanitaire fait de nous d’autres femmes, d’autres hommes. Les humains sûrs d’eux font place à des citoyens angoissés et en colère.

Comment est-ce concevable ? Interrogeons-nous en regardant défiler sur les plateaux de chaînes d’info les pontes de l’académie de médecine se déchirer en direct sur la stratégie des masques, des tests et l’usage ou non de la chloroquine, sans évoquer un instant l’état actuel de démantèlement et d’appauvrissement de notre système de santé .

Prisonniers du virus, prisonnières des violents. Les inégalités de genre et sociales nous explosent à la figure : 87% des infirmiers, 98% des aides-soignants sont des femmes. Dans cette crise, ceux qui sont aux premières loges, ce sont les salariés des métiers sous-payés, dévalorisés, déconsidérés. Ça ne manque pas de sel de constater que les personnes les plus mal payées et les plus mal considérées (aides de tout genre, éboueurs, livreurs….) tiennent aujourd’hui la société et répondent aux besoins les plus criants de nos concitoyens.  

La colère des "sans-masque", des "sans-test" et des confinés sans espace et sans résidence secondaire tonne. Le pays entier est tétanisé par cette épidémie. L’opinion publique commence à douter des orientations stratégiques du gouvernement. Elle ne se satisfait plus de discours guerriers, même gonflés aux stéroïdes.

À l’heure des cyberguerriers, de la cyberdéfense, de la guerre du troisième millénaire, un virus bien terrien anéantit l’économie planétaire et donne la leçon d’humilité aux Russes, Chinois, Américains.

Dans cette rupture historique les masques tombent, le déni n’est plus possible, les destructeurs sont au pied du mur : les Trump, Bolsonaro et leurs conseillers obscurantistes sont hors-jeu.

Alors que l’Europe et les pays riches ferment leurs frontières pour arrêter la diffusion du virus, le reste de l’humanité vit sur une "bombe sanitaire" où le Covid-19 a fait son nid : des réfugiés entassés aux frontières grecs et turques. En Inde, en Afrique, en Iran, dans la bande de Gaza, un gigantesque désastre est annoncé.

Les pandémies, qui se succèdent à un rythme de plus en plus soutenu, ne doivent pas nous faire oublier les incendies dantesques en Californie, les inondations meurtrières en Asie et les sécheresses inédites des mois passés. Depuis 2015, les années sont ponctuées par une série de catastrophes naturelles provoquées ou accentuées par un réchauffement climatique toujours hors de contrôle.

L’intervention humaine a violenté la nature, quel but final avons-nous donné de ce que la Terre nous offre : les arbres, l’eau, les minerais… Les propos de Delphine Batho dans son dernier livre "L’enjeu de conserver une planète habitable pour l’humanité, supplante en effet tous les autres", résonnent plus forts !

La crise due au Covid-19 a coupé en deux les élections municipales de mars, une situation, sans précédent dans notre histoire contemporaine.  Le premier tour des élections a bien eu lieu le 15 mars, mais sur fond d’abstention record. La date du second tour pour le 21 juin ne semble plus d’actualité. Cela dépendra de l’avis des experts scientifiques qui fourniront un rapport sur la situation épidémique le 23 mai. Organiser des élections avant l’été n’est certainement pas la priorité des Français. Ils sont plus préoccupés  des incertitudes qui pèsent sur la date du déconfinement et ses modalités.

Le premier tour des élections municipales, bouleversé par la pandémie du coronavirus dimanche 15 mars, sur toile d’une abstention record de plus de 56%, valide une importante poussée écologiste.  L’écologie a gagné  même si 60% de l’électorat écologiste n’est pas allé voter (surtout les jeunes). Le lien commence à être établi dans l’esprit des citoyennes et citoyens entre la destruction du vivant, de la biodiversité et l’évolution des coronavirus. L’écologie politique est passée d’une offre de témoignage à une force politique majeure, comme à Nantes avec 19,6 %.

Les solidarités qui se développent au quotidien nous offrent beaucoup d’espoir : elles disent que malgré tous ces morts, ces situations difficiles, il est resté une bienveillance et la preuve que les hommes et les femmes peuvent aider les autres hommes et femmes : un sentiment d’humanité très beau et encourageant pour la suite. La cohésion sociale de nos territoires tient par les gens de terrain, par la bonne volonté et les initiatives de femmes et d’hommes dans les villes, les quartiers, les campagnes.

Ce tsunami sanitaire inédit laissera des traces dans la société, faisant émerger des préoccupations nouvelles. On sortira de cette crise, toutes et tous, différents de lorsque nous y sommes entrés.

Notre enjeu du moment, est d’abord sortir de la crise sanitaire avant de parler élections, notre priorité absolue, c’est le coronavirus et ses conséquences locales.  Au cœur de la tempête, les élus.es et les militants.es écologistes sont au travail, ils apportent leurs compétences dans les exécutifs locaux et sur le terrain.

Notre travail, à nous écologistes, est également de faire comprendre que l’interruption que l’on vit peut durer longtemps. C’est une rupture historique, ce n’est pas juste une mise entre parenthèses.

La pandémie du Coronavirus provoque une crise inédite qui s'avère devenir l'une des plus grandes crises que notre pays n’ait jamais connue : sanitaire, économique, sociale, peut-être philosophique et politique. C'est pourquoi, il est de notre devoir à toutes et tous de ré-interroger notre modèle de société.

Sur la base d’un premier inventaire de l’essentiel, Génération Écologie propose à celles et ceux qui le souhaitent d’échanger pour identifier des choix de rupture crédibles à proposer à nos concitoyens.

Rendez-vous sur le site https://generationecologie.fr/

Par Elhadi AZZI, secrétaire général de Génération Écologie, candidat sur la liste: Rassemblement écologiste et citoyen - Nantes Ensemble.

 

 

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