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« Ma vie dans un bocal » : la démarche zéro déchets de Rosalia Da Silva-Bogo

« Ma vie dans un bocal » : la démarche zéro déchets de Rosalia Da Silva-Bogo

À l’occasion de « Graines de Territoires », un rendez-vous proposé par Génération Écologie 44 où les acteurs du territoire (porteurs de projets, chefs d’entreprise, personnalités…) viennent présenter leur activité, rencontre avec la comédienne Rosalia Da Silva-Bogo qui a fait un spectacle à partir de sa démarche zéro déchets.

De sa démarche zéro déchets, Rosalia Da Silva-Bogo, 42 ans, a fait une conférence-spectacle d’1 h 15. Intitulée « Ma vie dans un bocal », elle a été présentée pour la première fois à l’automne 2018 à la maison de quartier Madeleine/Champ de Mars, à Nantes. Le 5 mai 2019, une version raccourcie de 30 minutes a également été proposée à Couëron, à l’occasion du Festival des Idées Vertes. « Il y a un an, j’ai eu envie de conjuguer mon métier et ma fibre écologique, j’ai réfléchi, je cherchais à savoir comment les lier. J’ai donc créé ce spectacle, toujours suivi d’un débat avec le public. Je parle de mes expériences, de la façon dont je suis arrivée au zéro déchets, au minimalisme, mais aussi comment je me suis pris les pieds dans le tapis pour ça. Je donne également quelques astuces, sur la fabrication du dentifrice par exemple. L’idée, c’est de montrer aux gens ce qu’est être dans cette démarche, et que le respect de l’environnement doit être un plaisir », explique cette comédienne professionnelle.
Un métier qu’elle mène entre théâtre et courts-métrages : « je suis tombée dedans quand j’avais 10 ans ! J’ai fait le Conservatoire de Paris, tout le chemin classique », résume t’-elle. Puis, elle quitte la capitale pour la Savoie, où elle vit pendant dix ans : « là-bas, on avait un petit jardin, une petite production, un potager. » En 2014, elle arrive à Nantes. Un autre monde : « c’était le retour à la ville. Je me suis adaptée, je suis retournée dans les supermarchés… Jusqu’au jour où je suis tombée sur un reportage de la famille Pichon, qui fait presque du zéro déchets. Je me suis dit que c’était possible, même en ville. Je ne voulais pas vivre comme une citadine pollueuse, je voulais faire quelque chose à mon échelle. »

Bio, local, de saison

Alors, pendant un an, elle fait le tour de Nantes, cherche du bio, du local, en vrac. « Je n’ai pas trouvé. À ce moment-là, les épiceries en vrac n’existaient pas encore. C’était mal parti ! Mais tout doucement, j’ai recherché une autre alimentation : je suis allée dans les Amap, dans les marchés de mon quartier et là, je trouvais mon bonheur, c’est-à-dire des fruits et des légumes bios. J’allais aussi dans les Biocoop, dans des fermes de producteurs. Ça a commencé comme ça. »
Peu à Peu, Rosalia réduit le plastique, achète le minimum de choses emballées. Puis, des magasins, tels Au Bocal et Day by Day, ouvrent leurs portes. Le bonheur pour elle:  « il y a eu un développement du vrac à Nantes. J’ai mis plus d’un an pour ne plus aller dans les supermarchés, le temps d’une transition. Désormais, je mange bio, local et de saison. Dans la famille on est trois, tout le monde s’y est mis. Mon mari a une grande conscience écologique, c’était facile, et ma fille qui est née en Savoie, aussi. Elle a un amour de la nature et la conscience écologique dans le sang. »
Du coup, fini le plastique ! À la place, des bocaux et des sacs en tissu. « Si des copains viennent à la maison avec des emballages, ils repartent avec ! » , sourit-elle. Pour le ménage, les mauvais produits sont bannis : « je fais tout avec du savon de Marseille, du bicarbonate et du vinaigre blanc. » De la même façon, elle fabrique sa propre lessive et son dentifrice. Résultat : sa poubelle n’est autre qu’un petit bocal d’un litre ! « On fait aussi du compost. On est vraiment dans une démarche zéro déchets. La réduction des déchets me tenait à coeur. »
Le déclic ? Le film de Nicolas Hulot, « Le Syndrome du Titanic » (2009) : « en sortant de la séance, j’avais envie de changer les choses », se souvient Rosalia, pour qui « il y a une réelle urgence écologique. Les chiffres parlent eux-mêmes. Les gens tombent malades par exemple. Depuis que je suis arrivée à Nantes, ma santé en a pris un coup à cause de la pollution. On ne peut plus faire comme si tout allait bien. » Tout est dit !

Sarah Guilbaud

Contact : apologiebyrosa.com

 

 

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