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Tribune - Nantes/Municipales 2020 : l’avenir de l’écologie politique à Nantes ne relève pas d’un coup de dé

Tribune - Nantes/Municipales 2020 : l’avenir de l’écologie politique à Nantes ne relève pas d’un coup de dé

Au lendemain de la fusion des listes de Johanna Rolland et de Julie Laernoes pour le second tour des élections municipales à Nantes, certains veulent faire croire que c’est "le retour au bercail des écologistes", ou encore "un choix de reniement", minimisant ainsi notre poids politique désormais ancré dans la ville. Ils déclarent être les tenants d’une vérité et du sens de l’histoire, que nous écologistes nantais, aurions ratés. Surfant sur la vague d’une certaine fraîcheur en politique et d’une campagne municipale plutôt réussie sur le plan de la communication, l’équipe de Nantes En Commun (NEC) a même réussi à faire douter certains colistiers et militants de la liste Nantes Ensemble des qualités de Julie Laernoes, tête de liste du rassemblement écologiste et citoyen à Nantes. Ce ramdam autour de NEC fait passer au second plan l’ancrage local des écologistes, l’acte politique responsable de la liste Nantes Ensemble et la légitimité de ses candidats à figurer au second tour le 28 juin prochain.

La légitimité des candidats de la liste Nantes Ensemble

La fusion des listes de Nantes en Confiance et de Nantes Ensemble s’est faite après un vote précédé d’un long processus démocratique transparent, élaboré collectivement et à plusieurs échelles. Tout d’abord au sein de la liste elle-même, puis au sein des formations politiques qui composent ce rassemblement : EELV, l’association AVEC, Génération Écologie, le Parti Animaliste. 77% des colistiers, adhérents, militants ont voté pour cette fusion et l’accord politique qui en découle. Il ne faudrait pas insulter cette expression et la légitimité des candidats à porter dans l’assemblée locale nos politiques publiques écologistes si les électeurs nous en donnent le mandat le 28 juin prochain.

Si 77% des écologistes ont souhaité la fusion, c’est autant qui n’ont pas confiance dans le projet de rapprochement avec NEC et cela pour plusieurs raisons que nos amis de NEC pourraient mûrir : la liste conduite par Margot Medkour avance masquée. C’est en réalité La France Insoumise (LFI) qui est derrière. Par ailleurs, et quoi qu’on puisse en dire en regrettant les conditions et l’abstention de ce premier tour, les scores obtenus (Johanna Rolland 31,36% - Julie Laernoes 19,58% - Margot Medkour 8,95%) respectent les grands équilibres. Le PS maintient ses positions, les écologistes s’ancrent et NEC n’est pas qualifié pour le second tour, car les électeurs savent pertinemment que "l’insoumission" ne fait pas un programme.

Une stratégie de premier tour de NEC, laissant le leadership aux écologistes, aurait été le coup gagnant pour porter leurs revendications à la mairie. C'est une occasion ratée dont NEC partage la responsabilité avec les écologistes. Pour le second tour, NEC a proposé aux écologistes de jouer un coup de dé en rejetant le PS, en omettant son poids politique qui est tout sauf un accident électoral, négligeant le risque que notre électorat n’aurait pas suivi dans cette stratégie de casino, surtout dans le contexte actuel de crise.

Par ailleurs, le fort rejet du PS par les dirigeants de NEC est peut-être issu du "traité de Maastricht" promu en 1992 par François Mitterrand. Ce rejet historique du PS par NEC crée un malaise et sert certainement de prétexte à leur manque de volonté de gouverner. On voit bien que le renouvellement n’est pas une question d’âge, mais une façon de penser. Avec NEC nous serions vite passé de la fusion à la confusion.

Confrontés aux nouveaux défis, nous ne renions rien

Les stratégies nationales du second tour, montrent que les écologistes fracturent les socialistes. Johanna Rolland a compris que la société toute entière vit un moment de mutation : importance du sentiment d’appartenance à la Terre et conscience grandissante de l’écologie dans l’opinion publique. Contrairement à Martine Aubry à Lille, ou François Rebsamen à Dijon, qui rejettent les écologistes et rejoignent le camp des destructeurs, elle s’inscrit résolument dans le camp des terriens comme Hidalgo à Paris ou Apperé à Rennes. Elle clôt à cette occasion le cycle générationnel ouvert en 1977, marqué par de fortes personnalités comme Jean-Marc Ayrault, et garde cependant la tradition des valeurs et des alliances avec les écologistes.

Nous les écologistes, ne renions rien. Au contraire, nous prenons la mesure des enjeux du moment : crise économique, troubles psychologiques post-Covid, extinction de la biodiversité, changement climatique, pertes des services rendus par les écosystèmes du vivant, etc.

Le Covid est un choc collectif qui nous a permis de réfléchir, de nous interroger collectivement. 80% des solutions sont locales et dépendent d’une gouvernance collaborative. On ne doit pas attendre : les solutions les plus efficaces viennent de nos territoires, donc de notre capacité à agir.

Désormais réunis autour d'un projet politique commun, avec la liste Nantes en Confiance portée par Johanna Rolland, baptisé "Ensemble, Nantes en confiance", dans lequel figure in extenso plus de 60% de nos mesures. Un accord qui nous donne des délégations afin de mener des politiques publiques clefs : santé, éducation, climat-énergie, alimentation, droit au logement, déchets, déplacement, économie.

Nous répondons présents à cette exigence du moment, à l’urgence, et ainsi faisons face à nos responsabilités pour relever les défis qui sont devant nous.

 

Elhadi AZZI

8ème sur la liste «  Ensemble, Nantes en confiance  »

Secrétaire général de Génération Écologie

Président de Génération Écologie 44

 

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